RueFrontenac.com — « Corruption dans la construction - 35 000 personnes réclament une enquête publique » - 1er février 2010
« La population veut que le gouvernement fasse la lumière sur ce qui se passe dans cette industrie. Un sondage confirme que 80% des citoyens veulent une enquête. Les maires et les policiers demandent aussi qu’on aille au fond des choses », martèle en entrevue à Rue Frontenac le député de Chambly et porte-parole du Parti Québécois en matière de Sécurité publique, Bertrand St-Arnaud. Lundi matin, six députés péquistes, entre autres Lisette Lapointe, Nicolas Girard et Louise Beaudoin, se sont pointés devant autant de stations de métro de l’est de Montréal lors d’une opération visant à faire signer la pétition électronique demandant la tenue d’une enquête publique dans la construction. En après-midi, les députés Bernard Drainville et Monique Richard, notamment, devaient se rendre devant d’autres stations de métro dans le cadre de cette opération de sensibilisation. « Il ne fait pas de doute que le dossier de la construction est préoccupant et inquiétant. Au Parti Québécois, on ne lâchera pas. Il y a des allégations graves de collusion, d’appels d’offres truqués, des dépassements de coûts dans les travaux d’infrastructures et de fausses factures. Ce n’est pas vrai que le gouvernement libéral va tirer la ligne et continuer à refuser une telle enquête », fait valoir le député St-Arnaud.
Opération MarteauOr, en dépit des demandes répétées dirigées vers son gouvernement, le premier ministre Jean Charest ne bronche pas, et il répète que l’enquête policière – l’Opération Marteau - fait tout le travail. « Nous lui disons : c’est très bien, l’opération policière, mais ajoutons-y l’enquête publique. Qu’est-ce qu’il attend, le gouvernement, pour la déclencher ? Il y aura des milliards de dollars en contrats qui seront bientôt accordés sur de grands chantiers publics, et il serait grandement temps de faire le ménage dans l’industrie si on veut s’éviter de nouveaux scandales et des appels d’offres douteux », insiste le député de Chambly. Bertrand St-Arnaud reprend à son compte les propos d’un commentateur politique. Dans un éditorial, Alain Dubuc avançait, en novembre, que le refus de tenir une telle enquête pourrait cacher une vérité gênante. « Se pourrait-il que Jean Charest ait peur qu’on retrouve un nombre élevé de généreux donateurs si on déclenche une enquête publique ? », surenchérit le député péquiste. Les députés péquistes ont l’appui des représentants de Québec solidaire et de l’ADQ dans leur croisade. « Il y a une volonté de tous, sauf du PLQ et de Jean Charest. Mais ces gens-là sont de plus en plus isolés et sont à court d’arguments », dit le député St-Arnaud. La pétition électronique pour exiger une enquête publique - qu’il est possible de signer en se rendant sur le site de l’Assemblée nationale - prendra fin le 4 février et elle sera remise au premier ministre Charest la semaine prochaine.
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